Le burn out ou la faillite d’un mode de vie.

Le burn out ou la faillite d’un mode de vie.

33%, c’est le pourcentage de suisses stressés au travail, le chiffre le plus élevé de 12 pays d’Europe. Cela suffit à considérer le risque de burn out comme une véritable problématique de santé publique.

Déjà la rentrée!

La rentrée et l’ hyper sollicitation qu’elle entraine peuvent avoir pour conséquence un épuisement physique et psychique pouvant lui, conduire au burn out.

Quand on sait qu’un suisse sur quatre est menacé par ce fléau, il est grand temps de tirer la sonnette d’alarme pour ce qui représente un risque élevé pour la santé et dont les coûts émotionnels autant que matériels sont loin d’être négligeables. Une étude canadienne révèle que les coûts directs sont de 6% de la masse salariale alors que les coûts indirects occasionnés par la perte de productivité, l’embauche et la supervision du personnel de remplacement, les heures supplémentaires et autres inconvénients feraient gonfler la facture à près de 20% de la masse salariale de l’entreprise. En Suisse, selon une étude de la Confédération, on estime le coût net du stress au travail à 4.2 milliards de francs. Reconnues comme étant la cause de 25% des rentes d’invalidité en 1992, les maladies psychiques, burn out inclus, sont passées à 33% en 2001 et à 40% en 2004.

Les valeurs véhiculées dans nos sociétés modernes n’incitent pas à agir dans le sens de la prévention : le rythme de travail a changé, les rapports de travail se sont transformés en fourniture de prestations clients, l’entretien du stress est devenue parfois une politique de gestion d’entreprise. Une prise de conscience collective et individuelle, de la part des employés autant que des employeurs et des dirigeants politiques sera nécessaire pour modifier les comportements et les croyances en profondeur.

Au niveau individuel, les personnes touchées par le burn out reconnaissent qu’elles sont avant tout victimes d’elles-mêmes, se retrouvant dans une situation dans laquelle elles se sont mises. Bien sur, la peur du chômage aidant, l’employé n’osera pas dire non face aux exigences professionnelles : il se surcharge, commet des erreurs, limite ses loisirs et son repos… et c’est la spirale descendante qui le plonge dans l’épuisement professionnel avec ses conséquences. Certains décriront :  » Je ne trouve plus l’énergie, plus de sens à ma vie ». L’individu qui est ébranlé hypothèque sérieusement l’estime de lui-même autant que sa forme physique. Forcé de prendre du repos, il mettra plusieurs mois à s’en remettre.

Même s’il est possible de rallumer la flamme après s’être consumé, le bon sens nous dit qu’il vaudrait mieux ne pas en arriver là et utiliser la vitalité des individus à meilleur profit.
Mais plusieurs aspects de la problématique maintiennent le burn out dans une zone d’ombre. Beaucoup de personnes tendent à rester discrètes sur leur situation, par crainte que cela soit interpréter comme un aveu de faiblesse par leur entourage, ce qui pourrait nuire à l’évolution de leur carrière. D’autre part, le statut précaire du burn out comme entité clinique et le fait qu’on le présente souvent comme une problématique de santé mentale en ferait une « maladie honteuse » alors qu’il est directement relié à la surcharge de travail et à l’attitude adoptée par la personne par rapport à celle-ci.

La symptomatologie se traduit par une sensation d’épuisement, des maux de tête, des troubles du sommeil, des difficultés digestives et un souffle court. La personne peut manifester de l’irritabilité et de fortes réactions de frustration. Au coeur des symptômes, une incapacité croissante à contrôler et mettre de côté des émotions négatives telles que l’anxiété, le désenchantement, la honte, la rage, sans pouvoir mettre en perspective des émotions positives telles que la joie, la fierté et la gratitude.

Si on admet généralement que le burn out existe, la plupart des personnes l’ayant vécu affirment que jamais elles n’auraient cru que cela puisse leur arriver à elles. D’où la difficulté à mettre en place des mesures de prévention, s’il n’existe aucune conscience du risque individuel. D’autre part, dans bien des milieux, ceux qui parlent en terme de 110% sont très valorisés, ce qui rend d’autant plus difficile l’implantation de programmes de prévention. La consultation d’un médecin permet d’exclure des causes organiques, d’instaurer un traitement et de favoriser le regard extérieur à la situation.

Que peut-on faire pour prévenir le burn-out
Les entreprises peuvent protéger leurs collaborateurs jusqu’à un certain point, même dans une atmosphère de confiance et de bonne communication.

Pour se protéger du burn out, l’attitude de chacun envers son travail est un élément essentiel. Un autre facteur important est une organisation du travail et de la structure qui soit génératrice de ressources. Cela signifie que les exigences envers les collaborateurs concordent avec leurs capacités et qu’elles soient vécues positivement, comme un défi.

Idéalement, chaque collaborateur devrait veiller lui-même aux signaux d’alerte, prendre ceux-ci au sérieux et se poser les bonnes questions:

  • Quelle est pour moi l’importance de la réussite professionnelle et dans quelle mesure je me définis par mon activité professionnelle?
  • Ai-je la possibilité de recharger mes batteries et à quel point je néglige cela en cas de surcharge?
  • Quelle place j’accorde à mes succès?
  • A quel point suis-je conscient de ce que je fais?
  • Dans quelle mesure est-ce que je fais attention à mes collègues et collaborateurs?

Par exemple, des horaires flexibles ou alternatifs peuvent compenser les charges multiples. Cela implique toutefois que les supérieurs perçoivent les signes de surmenage et abordent le sujet afin qu’une solution adaptée puisse être trouvée en commun. C’est en valorisant socialement la prévention qu’on parviendra à induire des comportements qui servent l’individu et l’entreprise plutôt que de les faire plonger dans un gouffre dont tôt ou tard, il faudra bien ressortir. Le défi actuel, c’est de faire en sorte que dans l’esprit des gens, il devienne « in » de se doter de moyens pour faire contrepoids au stress et se prémunir du burn out sans craindre d’être perçu comme un individu moins performant.

Le burn out est la maladie du motivé… Le capital humain étant la première richesse de l’entreprise, y investir est un gage de prospérité.

Liens et références
« Burn out, l’épidémie qui ronge les suisses » , Hebdo, 15 décembre 2005 (avec un test d’évaluation)
« Prévenir le burn out, Tout feu tout flamme mais sans se consumer « , brochure de la CSS assurances
http://www.psycho-ressources.com/bibli/prevention-du-burnout.html